Ce mercredi 8 avril, la plateforme citoyenne Batera a pris la parole devant le siège de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, à quelques jours de l’installation du nouveau conseil communautaire. L’occasion pour elle de dévoiler les résultats d’une consultation inédite menée auprès des candidats aux dernières municipales, et de lancer un appel pressant aux élus fraîchement désignés : il est temps de s’emparer, dès ce mandat, du dossier de la Collectivité Territoriale à Statut Particulier.
Une consultation qui parle d’elle-même
Pour la première fois, Batera a décidé d’aller à la rencontre directe des candidats aux élections municipales et communautaires du Pays Basque Nord. Quatre réunions publiques ont été organisées et un questionnaire largement diffusé pour connaître leur position sur l’évolution institutionnelle.
Les chiffres sont éloquents : 247 candidats ont répondu, dont 39 têtes de liste, représentant 54 listes différentes sur 43 communes. Parmi eux, 175 se déclarent totalement favorables à une évolution de la CAPB vers une collectivité à statut particulier, 44 y sont favorables, et 28 restent neutres. Aucun ne s’y oppose.
« Ces résultats viennent confirmer ce que nous disait le sondage IFOP-RPS de l’été dernier, à savoir que 62 % des habitants du Pays Basque se disent favorables à une évolution institutionnelle. Cette adhésion populaire est notre socle. », souligne Peio Jorajuria pour Batera.
Un appel direct lancé à la nouvelle Agglo
Fort de ce constat, Batera se tourne aujourd’hui vers les élus qui vont siéger au nouveau conseil communautaire. Si la création de la CAPB en 2017 a marqué une avancée historique pour la reconnaissance du territoire, la plateforme estime que son statut actuel ne suffit plus à répondre aux défis d’aujourd’hui.
« La CAPB doit s’emparer dès ce mandat de la question de l’évolution institutionnelle vers une collectivité territoriale à statut particulier», rajoute Juliette Bergouignan pour la plateforme.
Batera avance des propositions concrètes : nommer officiellement un élu en charge de la thématique, mettre en place une commission de travail sur le sujet, y affecter des moyens humains et financiers, et missionner un “cabinet d’étude” juridiques et technique .
Un contexte national à saisir maintenant
La plateforme rappelle que le moment est particulièrement propice au niveau hexagonal. Le chantier de la décentralisation est relancé en France, et l’exemple alsacien, avec le changement de statut de la Collectivité Européenne d’Alsace discutée hier et aujourd’hui à l’Assemblée Nationale, montre que des évolutions institutionnelles ambitieuses sont possibles quand un territoire parle d’une seule voix.
« D’autres territoires avancent. Les discussions s’ouvrent ailleurs. Si nous n’agissons pas maintenant, au cours de ce mandat, nous risquons de laisser passer une occasion historique. Ce serait une lourde responsabilité pour les élus qui entrent en fonction »
Batera se tourne vers l’avenir
Au-delà des institutions, Batera annonce une nouvelle étape : mobiliser l’ensemble de la société civile : acteurs économiques, associatifs, syndicaux et culturels autour de la revendication d’une CTSP.
Pour renforcer cette dynamique la plateforme Batera organise sa prochaine assemblée le samedi 9 mai à la salle Sanoki d’Itsasu, à laquelle sont conviés élus, organisations, associations et citoyens.
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